Comment réussir un gratin Dauphinois en relisant la République de Platon

Il n'y a rien de plus facile í  faire qu'un gratin Dauphinois, pourtant ceux que nous mangeons chez nos amis ou au restaurant sont toujours ratés ! Ce n'est qu'un plat de pommes de terre, un peu de crí¨me et un zeste d'ail bien mesuré, alors oí¹ est le secret? C'est un plat de grand-mí¨re qui regarde en épluchant les patates, dans la cour, la pluie faire des flaques, et derrií¨re le mur, l'horizon triste des fanes de maís que l'hiver a desséchées.

Il n'y a rien de plus facile í  faire qu'un gratin Dauphinois, pourtant ceux que nous mangeons chez nos amis ou au restaurant sont toujours ratés ! Ce n'est qu'un plat de pommes de terre, un peu de crème et un zeste d'ail bien mesuré, alors oí¹ est le secret? C'est un plat de grand-mère qui regarde en épluchant les patates, dans la cour, la pluie faire des flaques, et derrière le mur, l'horizon triste des fanes de maís que l'hiver a desséchées.

Il n'y a rien de plus facile à faire qu'un gratin Dauphinois, pourtant ceux que nous mangeons chez nos amis ou au restaurant sont toujours ratés ! Ce n'est qu'un plat de pommes de terre, un peu de crà¨me et un zeste d'ail bien mesuré, alors où est le secret? C'est un plat de grand-mà¨re qui regarde en épluchant les patates, dans la cour, la pluie faire des flaques, et derrià¨re le mur, l'horizon triste des fanes de maàs que l'hiver a desséchées.

Le Dauphiné est une terre de basses vallées et de montagnes où la mélancolie et le désir de changer le monde hantent l'esprit des habitants.Il n'y a rien de plus facile à  faire qu'un gratin Dauphinois, pourtant ceux que nous mangeons chez nos amis ou au restaurant sont toujours ratés ! Ce n'est qu'un plat de pommes de terre, un peu de crème et un zeste d'ail bien mesuré, alors où est le secret? C'est un plat de grand-mère qui regarde en épluchant les patates, dans la cour, la pluie faire des flaques, et derrière le mur, l'horizon triste des fanes de maà¯s que l'hiver a desséchées. Le Dauphiné est une terre de basses vallées et de montagnes où la mélancolie et le désir de changer le monde hantent l'esprit des habitants. Les guerres de religion l'ont ensanglanté et la Révolution Française a commencé là-bas, au milieu des hurlements des parlementaires Dauphinois, écrasés par la chaleur de l'été 1787, qui réclamaient la convocation des Etats Généraux.

Le gratin Dauphinois est un plat métaphysique que vous n'avez aucune chance de réussir à l'époque des micro-ondes et des recettes télévisées. Je peux vous dire d'éplucher les pommes de terre, de les couper en tranches, de les poser dans un plat frotté d'ail en couches successives et de les recouvrir de crème fraîche épaisse, en les salant, poivrant, et en râpant un peu de noix muscade: hélas! Cela ne changera rien! La recette est trop simple, évidente, les pommes de terre ne vous aideront pas. Le secret est en vous, dissimulé dans votre vie.

Il y a peut-être une solution: abandonnez vos patates sur la table de la cuisine et allez chercher dans votre bibliothèque la République de Platon. Ouvrez au Livre VII et voyez comme tout commence:

" Maintenant repris-je, représente-toi de la façon que voici l'état de notre nature relativement à l'instruction et à l'ignorance. Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne... "

Dans cette allégorie, Platon décrit des êtres enchaînés dans les profondeurs d'une caverne, attachés de telle manière que leur vision est restreinte et qu'ils ne peuvent se voir les uns les autres. Les seules choses que ces êtres puissent voir, sont les ombres projetées sur le mur d'hommes qui passent devant un grand feu et qui portent en silence ou en parlant des statuettes ou des objets.

" Si donc ils pouvaient s'entretenir ensemble, ne penses-tu pas quils prendraient pour des objets réels les ombres qu'ils verraient? "

Assurément! Et la recette du gratin Dauphinois n'est-elle pas l'ombre du plat projetée sur le mur de notre caverne.

Platon imagine ensuite qu'on détache l'un de ces prisonniers, on le conduit dans la lumière, on lui montre la cause de ces ombres, mais l'homme ébloui ne peut rien distinguer et ce qu'il voyait dans son état de prisonnier lui parait plus réel que ce qu'il vient de découvrir. Et plus on le force à regarder la lumière, plus l'homme, blessé, veut retourner dans l'ombre, car l'illusion est plus douce que la réalité.

Mais si on force cet homme à rester dans la lumière, peu à peu, il parviendra à voir la réalité des choses, il se réjouira et acceptera de souffrir plutôt que de revenir à ses anciennes illusions.

Et si on redescend cet homme dans la caverne et qu'il raconte aux autres que tout ce qu'ils ont vu n'était qu'apparence et illusion et que le monde réel les attend s'ils veulent se délivrer de leurs chaînes, que se passera-t-il?

Platon nous dit que l'homme qui a vu la lumière ne voit plus rien dans le noir et que les autres se mettent à rire en lui disant que ce n'est pas la peine de sortir de la caverne pour revenir la vue ruinée, et que si jamais quelqu'un tente de les délier pour les faire sortir, ils le tueront, dès qu'ils pourront le tenir entre leurs mains.

Damned ! Lâchons le livre et retournons dans notre cuisine car elle est notre caverne ! Et dans le noir, l'esprit bouleversé, les larmes aux yeux, frottons un plat avec une gousse d'ail. Epluchons les pommes de terre, débitons-les en tranches moyennes. Une couche, sel, poivre, trois fines tranches d'ail, recouvrons de crème fraîche, râpons un peu de noix muscade. Une autre couche, sel, poivre, ail, encore un peu de crème, muscade. Et ainsi de suite jusqu'à ce que le plat soit plein! Mettons le plat au four et pendant trente-cinq minutes, faisons le compte des illusions et des réalités de notre vie. Penchons la tête pour regarder le sol comme une vieille Dauphinoise qui sait que derrière ses montagnes et que derrière le brouillard il y a autre chose.

Et lorsque vous sortirez avec le plat brà»lant et gratiné, espérez que personne ne vous tue!

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